Marlen Knobloch

Spécialiste du métabolisme des cellules souches neurales et professeure assistante au Département de physiologie (DP) depuis le 1er février 2017.

Marlen Knobloch, pouvez-vous résumer votre parcours ?
J’ai d’abord hésité entre la musique – je joue du violoncelle – et la biologie. J’ai finalement choisi la biologie, que j’ai étudiée à l’Université de Zurich. Très vite, je me suis intéressée aux neurosciences. Après mon Master, j’ai pris une année pour voyager, en Nouvelle-Zélande et en Australie: c’est pendant cette année que je me suis rendue compte que j’avais besoin de la science, qu’elle me manquait. A mon retour, j’ai donc commencé un PhD dans le domaine de la maladie d’Alzheimer. J’ai développé un nouveau modèle de souris pour étudier cette maladie et j’ai aussi participé au développement d’une nouvelle stratégie contre Alzheimer, utilisant un anticorps – ce traitement est actuellement en phase III d’essais cliniques. Cela a été une expérience importante pour moi: dans les sciences de base, nous cherchons d’abord à comprendre des mécanismes dans leurs moindres détails, mais il y a toujours la possibilité de découvrir quelque chose qui peut avoir une valeur translationelle. J’ai ensuite travaillé pendant plus de huit ans comme post-doc dans un laboratoire à Zurich, qui étudiait les cellules souches neurales (ndlr: «Neural Stem Cells», NSCs, en anglais), et les cinq dernières années également comme «guest scientist» à L’EPFL. Puis je suis arrivée au DP.

Les cellules souches neurales peuvent-elles changer la donne, notamment pour le traitement des maladies neurodégénératives ?
En fait, leur découverte est assez ancienne, remontant aux années 60. Mais ces cellules souches neurales sont au cœur d’un débat assez vif. Contrairement à ce que l’on a longtemps pensé, on sait aujourd’hui qu’il y a un renouvellement, que ces cellules souches adultes peuvent donner naissance à de nouveaux neurones. Mais c’est très limité. En termes fondamentaux, on cherche à comprendre pourquoi et comment s’opère la régulation de la prolifération des NSCs. Ce qui génère d’autres questions quant aux traitements potentiels: comment pourrait-on stimuler la neurogenèse dans le contexte du vieillissement ou des maladies neurodégénératives ? Pourrait-on transplanter des cellules souches neurales adultes chez un patient, NSCs obtenues à partir de cellules souches pluripotentes induites (IPS) ou de cellules souches embryonnaires ?

Mais votre domaine d’étude, c’est plus spécifiquement le métabolisme, le rôle que joue le métabolisme dans la régulation de l’activité des NSCs ?
Tout à fait. J’ai en quelque sorte la double casquette des neurosciences et du métabolisme. Je m’intéresse à la fois au métabolisme intracellulaire et aux facteurs externes qui influencent le métabolisme. Comme l’alimentation et l’activité physique notamment. Dans un modèle de souris, on a par exemple observé que l’activité physique avait tendance à augmenter la prolifération des NSCs. De même, le métabolisme des lipides joue un rôle important. On peut ainsi imaginer influer sur l’activité des NSCs par ces stimuli externes. J’ajoute qu’il y a peut-être aussi des différences entre les sexes qu’il nous faut encore apprécier. C’est un travail de longue haleine, et même si on est obligé de se spécialiser dans un domaine particulier, il ne faut pas oublier «the big picture», il faut parfois «dézoomer» un peu.

Quelles conditions avez-vous trouvé à l’UNIL, au Département de physiologie ?
Je travaille en particulier sur les cellules souches neurales, mais l’objectif est aussi d’identifier – je parlais de «dézoomer» auparavant – des mécanismes communs à toutes les cellules souches. Les champs d’études du DP, intégrant le métabolisme et les neurosciences, sont l’environnement idéal pour mon sujet de recherche et il y a même un groupe qui travaille déjà sur les cellules souches musculaires. J’ai aussi un projet de collaboration dans le domaine des cellules souches hématopoïétiques. Bref, il y a ici des travaux similaires ou complémentaires aux miens qui peuvent générer des collaborations et me permettre, nous permettre d’avancer. Mon labo s’appelle d’ailleurs le Laboratory of Stem Cell Metabolism, je ne veux pas me limiter au NSCs.

Continuez-vous à faire de la musique ?
Oui, je joue depuis 20 ans comme premier violoncelle dans l’Alumni Sinfonieorchester de Zurich, commun à l’Université et à l’ETH.  Je fais une pause actuellement, mais je ne peux pas me passer de la musique: j’en fais depuis que j’ai 6 ans ! La science peut parfois générer des frustrations, et la musique m’aide à garder ma stabilité. Elle demande finalement la même précision, la même discipline, mais elle est pour moi plus émotionnelle qu'intellectuelle, un bon complément.

Par Nicolas Berlie - Communication FBM, juin 2017

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© Gilles Weber, SAM-CHUV

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