Philippe Mathis

Administrateur de la Faculté de biologie et de médecine de l'UNIL.

Voilà 13 ans que vous êtes à la FBM. Qu'est-ce qui vous a attiré au départ?
Je suis arrivé en 2003 à la FBM, au moment de sa création, de la réunification de la biologie et de la médecine au sein d'une seule Faculté. Deux choses m'ont attiré: tout d'abord, l'ambition du projet. J'aime les grands projets, je n'ai pas peur de ce qui est nouveau. Auparavant, j'ai travaillé dans une grande société qui a fusionné trois fois! J'ai aussi été, de 1997 à 2001, responsable administratif du JobCenter et chef du personnel d'Expo 02. Le deuxième aspect qui m'a séduit à la FBM, c'est le travail en équipe, que je préfère.

Que faut-il pour être un bon administrateur?
Tout d'abord, apprécier les gens. Une fois qu'on s'intéresse à eux, on se rend compte que tous ont une histoire, un talent particulier. Un de mes exercices préférés est de m'asseoir dans l'herbe, et délimiter mentalement un carré d'environ 1,5 mètre sur 1,5 mètre. Si on observe ce carré, on se rend compte qu'énormément de choses se passent, des combats, des amours, des envols; il y a ceux qui creusent, ceux qui courent, ceux qui chantent... Mais si on n'y fait pas attention, on ne voit rien. C'est un peu la même chose avec les individus. Il faut de l'acuité pour être un bon administrateur. Et de la patience: il faut rester assez longtemps dans une structure pour voir vraiment ce qu'il s'y passe. N'y passer que 2 à 3 ans revient à observer ce carré d'herbe pendant quelques secondes seulement...

D'ailleurs, vous avez signé il y a peu votre 400e PV des séances du Décanat...
Effectivement. Ne l'oublions pas, l'essence de l'administration, c'est la forme. Sans forme, pas d'administration. Et donc pas d'administrateur! La forme fait partie du processus décisionnel; les PV, les courriers permettent de mettre en relief une décision, et répondent aussi au souci de traçabilité du processus. L'administrateur est un peu la mémoire du Décanat. Un décanat est élu pour 3 à 6 ans, ce qui est relativement court à l'échelle d'une institution. Il faut donc mettre à disposition l'histoire pour ceux qui suivent. Cela tombe bien, j'aime les écrits, j'aime l'histoire!

Connaître l'histoire, c'est essentiel pour gérer une Faculté grande et complexe comme la FBM?
Connaître l'histoire, connaître les règlements, maîtriser les aspects légaux, économiques, tout cela fait partie de l'attention, fondamentale, portée aux détails. Il faut garder l'esprit critique, se méfier du superficiel, aller en profondeur: l'investigation dans le domaine de l'administration peut être aussi passionnante que dans le journalisme! Mais attention, plonger dans les détails, cela ne veut pas dire pour autant en faire le centre du raisonnement.

De votre point de vue, quel avantage a apporté la réunion de la biologie et de la médecine au sein de la FBM?
Indéniablement, une cohérence au niveau des ressources, qui peuvent désormais être mises en commun. Si on avait maintenu deux facultés, une de biologie, une de médecine, elles auraient été beaucoup plus faibles. Il m'est difficile de m'exprimer sur les aspects académiques, mais je vois de plus en plus de projets à l'interface des sciences cliniques et fondamentales. Comme un tissu qui se greffe naturellement. En treize ans, j'ai pu percevoir l'avancée de la science. Il faut aussi souligner une spécificité lausannoise, et sans doute helvétique: la diversité des ressources, des sources de financement, puisqu'interviennent une grande variété d'acteurs - les cantons, la Confédération, les fondations, le secteur privé. C'est capital, car on évite ainsi une monoculture au niveau de la recherche, de la politique de la science, comme cela se passe parfois ailleurs. C'est aussi un des ingrédients du dynamisme de la FBM.

400 PV, 13 ans d'administration: vous n'êtes pas un peu fatigué?
Non, je ne m'use pas, je ne me fatigue pas. J'aime cet environnement. Mon rêve serait de vivre sur une planète où les jours dureraient 38 heures. Comme cela, j'aurais amplement le temps de tout faire! Travailler 10 à 12 heures par jour et avoir encore le temps pour la lecture, la musique, les amis...

Par Nicolas Berlie - Communication FBM, mai 2016

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© Gilles Weber, SAM UNIL-CHUV

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