Liliane Michalik

Liliane Michalik, nouvelle directrice de l’Ecole de biologie

Liliane Michalik, professeure associée rattachée au CIG, a repris le 1er août 2019 les rênes de l’Ecole de biologie de la Faculté de biologie et de médecine (FBM), qui compte aujourd’hui plus de 800 étudiants. Elle exerçait déjà les fonctions de vice-directrice depuis 2011. Dans le nouveau binôme à la tête de l’Ecole de biologie, c’est la professeure associée Angela Ciuffi qui reprend la vice-direction. Liliane Michalik répond à nos questions.

Après avoir été pendant huit ans vice-directrice, vous endossez désormais le costume de directrice: ça change tout?
L’Ecole de biologie a une direction très collégiale, mais il est évident que le directeur, ou la directrice, a plus l’occasion de laisser son empreinte, sa «patte» ; c’est lui, ou elle, qui donne les grandes directions. Cela dit, j’ai attendu l’entrée en fonction d’Angela Ciuffi avant de m’attaquer au plan stratégique: il me semblait capital qu’elle puisse apporter sa vision pour que nous adhérions toutes deux au projet.

Avec votre expérience de vice-directrice, on est néanmoins dans la continuité…
Quand j’ai choisi de me proposer comme directrice, il est vrai que je savais où je mettais les pieds: je connaissais les dossiers, je connaissais l’équipe, j’avais déjà un bon réseau parmi les enseignants et de bons contacts avec le Décanat de la FBM et la direction de l’UNIL. J’avais surtout une totale confiance en l’équipe qui fait tourner l’Ecole! En huit ans, j’ai travaillé avec deux directeurs, les professeurs Winship Herr et Nicolas Mermod – j’ai même collaboré auparavant avec la première directrice, Nicole Galland. J’ai donc vu fonctionner trois personnes à ce poste, je peux piocher les bonnes choses dans cette expérience, c’est un atout.

Ne peut-il pas y avoir aussi des inconvénients à «être dans ses meubles»?
Il y a un risque, celui de tomber dans une routine, de fonctionner comme on a toujours fonctionné. C’est là que l’apport de la professeure Ciuffi est important: c’est une personne très investie dans l’institution – elle a siégé au Conseil de Faculté, au Conseil de l’Université. Elle est très impliquée dans l’enseignement aussi, puisqu’elle a monté de A à Z le module «De la recherche à la clinique… et retour!» en 3e année de Bachelor. Mais elle débute à l’Ecole de biologie, elle apporte donc un regard neuf, différent, à son poste de vice-directrice. Un autre atout, c’est qu’elle œuvre à l’IMUL, l’Institut de microbiologie basé sur la Cité hospitalière, où elle fait de la recherche fondamentale d’intérêt médical – elle travaille sur le virus du sida. Elle est donc très ancrée au CHUV, et apporte une vision plus clinique, d’une autre partie du campus. On se complète bien.

Quels sont les grands chantiers en cours ou à venir?
Nous réfléchissons à un passage de notre Master à 120 crédits sur deux ans, contre 90 crédits et une année et demie actuellement. Il y a plusieurs raisons à cela: tout d’abord, nous avons eu quelques cas d’étudiants refusés en doctorat par des universités étrangères jugeant 90 crédits insuffisants. Ensuite, en rallongeant les études, nous pouvons aussi faire en sorte que nos étudiants soient mieux préparés pour la transition professionnelle, par exemple via des stages en entreprise. Nous voyons donc cela comme une plus-value pour tous nos étudiants, pas seulement pour ceux qui se destinent à un PhD. En tant qu’Ecole de biologie, nous devons veiller à offrir un programme de cours optimal, qui apporte aussi des compétences transversales. Car la biologie ne prépare pas à un métier au sens strict, contrairement à la médecine par exemple. «Biologiste» fait plus référence à un ensemble de compétences qu’à un métier, et on s’en rend compte dans les parcours très variés de nos étudiants, qui partent aussi bien dans l’enseignement que dans la recherche, l’industrie, les ONG, la vulgarisation scientifique…

C’est aussi le sens des différentes spécialisations que vous venez, pour certaines, de mettre en place?
C’est exact. Nos étudiants vont se retrouver, et ils se retrouvent déjà, face à des questions comme le réchauffement climatique, la médecine de précision, l’intelligence artificielle etc., des problèmes complexes qui demandent des réponses complexes. Nos trois masters forment des biologistes à même de répondre à ces défis et aux besoins croissants en biologie computationnelle. Nous avons développé plusieurs enseignements qui permettent à nos étudiants d’ajouter des cordes à leur arc, notamment grâce à des spécialisations en partenariat avec la Faculté des HEC ou la Faculté des géosciences et de l’environnement. Dans le cadre de notre plan stratégique, nous souhaitons continuer à réfléchir dans cet ordre d’idées, développer l’interdisciplinarité et former des biologistes à même de gérer des systèmes et des problématiques complexes. J’ajoute que nous avons beaucoup de chance d’être au sein de la FBM. Cela rend possibles des initiatives comme le module développé par la professeure Ciuffi.

La complexité n’est pas que technique, la biologie, la recherche en biologie pose aussi des questions très politiques, sociales…
Tout à fait. C’est pourquoi l’Ecole de biologie a institué dès 2004 au niveau du Bachelor un enseignement «Biologie et société», auquel contribue notamment le Prix Nobel Jacques Dubochet. On y réfléchit à l’impact de la recherche biologique sur la société, on y fait de l’analyse de controverses – par exemple sur un sujet chaud comme les OGM. Et on y aborde des questions d’éthique, de philosophie des sciences. En plus de ça, dans les cours optionnels, outre les modules d’économie, d’entreprenariat, les étudiants ont aussi la possibilité de se frotter à la vulgarisation scientifique, à travers notamment des collaborations avec L’éprouvette et les Musées de zoologie et de botanique. Nous voulons former des biologistes qui peuvent faire la différence, des citoyens – et la citoyenneté inclut aussi l’insertion professionnelle.

Vous êtes très sensible à la question féminine: quels enjeux identifiez-vous à l’Ecole de biologie?
On voit que la représentativité hommes-femmes est bien équilibrée jusqu’au doctorat – y compris dans les associations d’étudiants, où nos étudiantes sont très impliquées! C’est après que cela change: les femmes sont faiblement représentées dans les postes d’enseignants, de professeurs. Et ça participe au problème: nos étudiantes manquent de «role-model» dans leur cursus. Pour être tout à fait honnête, je n’y avais pas vraiment songé, mais en discutant avec des étudiantes, c’est une problématique qui revient constamment. Comment agir là-dessus? En tant qu’Ecole de biologie, en dehors de la sensibilisation, notre périmètre d’action est limité. Nous n’avons qu’une voix consultative dans le recrutement des nouveaux professeurs, ce qui est tout à fait normal. La question de la relève féminine est une préoccupation prise au sérieux par notre Décanat et notre Université ;  nous pourrions réfléchir à la manière de renforcer la participation de l’Ecole de biologie aux actions déjà entreprises et à venir.

A titre personnel, comment conciliez-vous vos nouvelles responsabilités et vos activités de recherche et d’enseignement?
Je consacre 50% de mon temps à l’Ecole de biologie. Nous avons la chance de pouvoir compter sur une excellente équipe, qui gère de façon autonome le tout-venant, nous permettant de nous concentrer sur les projets. A côté de ça, je maintiens un petit groupe de recherche, et je continue bien évidemment à enseigner. D’abord, parce qu’une directrice d’Ecole qui ne donne pas de cours, ce serait un peu ridicule, non?  Et surtout ça me plaît: je crois profondément à l’éducation et enseigner est pour moi une des tâches les plus gratifiantes qui soient! J’adore le contact avec les étudiants, et je n’adhère pas du tout aux discours amers – le «tout fout le camp!» - sur la génération actuelle. Ce sont de jeunes gens épatants. Ils me donnent beaucoup d’espoir et leurs questions de biologie, mais aussi leurs questionnements existentiels me font beaucoup réfléchir. Et puisqu’on parle d’enseignement, voilà quelque chose que j’aimerais développer dans notre «boîte à outils»: des enseignements plus interactifs, qui demandent plus d’investissement personnel de la part des étudiants, qui fassent appel à leur créativité.

Propos recueillis par Nicolas Berlie - Communication FBM, octobre 2019

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© Félix Imhof, UNIL

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