2015

| 1. Recherche de fonds sur les mains de scribe des manuscrits de Qumran | 2. Contribution au projet «Dessins de dieux» | 3. Support en informatique pour le projet «Undocumented Mobility and Digital-Cultural Ressources after the Arab Spring»
 

Trois projets ont été considérés comme pertinents et de qualité:

1. Recherche de fonds sur les mains de scribe des manuscrits de Qumran

Résumé

Le projet de recherche fait suite à plusieurs articles préparatoires du requérant David Hamidović. Depuis plusieurs années, il s’emploie à chercher la valeur ajoutée de l’usage des Digital Humanities dans ses recherches historiques sur les manuscrits de la mer Morte, plus précisément les manuscrits de Qumrân copiés entre la fin du IIIe siècle avant notre ère et le milieu du Ier siècle de notre ère. En cela, le projet est interdisciplinaire : il articule l’informatique avec la gestion d’une base de données et l’usage d’un logiciel de dessin assisté par ordinateur, la paléographie et l’histoire.
Le projet vise à réaliser une base de données avec les images de chaque lettre des 950 manuscrits de Qumrân. Il ne s’agit pas de numérisation, car les images en haute définition des manuscrits existent déjà et sont en possession du requérant. La base de données nommée « Sokoka », dont le type est déjà géré par l’Université de Lausanne, sera constituée par groupes de manuscrits ou clusters. En effet, depuis longtemps des manuscrits ont été regroupés, car ils s’apparentent à des versions différentes d’une même œuvre ou bien ils présentent de fortes affinités d’idées. Ainsi, nous n’aurons pas à attendre la réalisation complète de la base de données pour l’exploiter. Après chaque groupe de manuscrits entré dans la base de données, il est prévu de l’interroger selon deux directions principalement : la datation paléographique et l’identité des scribes de Qumrân.
Ainsi, le projet a deux objectifs principaux:

  1. établir de nouveaux standards pour la datation paléographique des manuscrits de Qumrân et
  2. comprendre les liens entre les scribes et la communauté de Qumrân.

Depuis plusieurs décennies, les spécialistes mettent en doute les dates paléographiques établies depuis 1961, mais ils manquent d’arguments précis. La mise en place d’une base de données de chaque lettre permettra d’établir précisément l’écriture de chaque scribe, de chaque manuscrit. Des comparaisons paléographiques deviennent possibles entre les manuscrits de Qumrân mais aussi avec d’autres manuscrits contemporains. Cette vue d’ensemble des tracés de lettres vise donc à établir de nouveaux principes pour la datation paléographique des manuscrits de Qumrân. Faute d’arguments paléographiques, les chercheurs pensent qu’il y a autant de scribes que de manuscrits, soit 950 environ. Un tel nombre de scribes est sans parallèle dans l’Antiquité et comme ce sont des professionnels de l’écriture, on peut se demander où sont leurs autres travaux de copie. A ces questions s’ajoute que les textes de Qumrân ne nomment jamais les scribes, ni n’envisagent leur place au sein de la communauté. L’identité même de ces scribes et leur relation à la communauté de Qumrân seront interrogées à la lumière des données paléographiques collectées dans la base de données. En effet, il est intéressant de voir si un même scribe a copié plusieurs manuscrits. Les arguments paléographiques sont alors décisifs. Si tel est le cas, quels sont les textes copiés? S’agit-il des manuscrits d’un même groupe de textes ou bien des manuscrits aux genres littéraires et aux contenus très différents? Dans les deux cas, que signifient ces constats? Peut-on discerner plusieurs écoles de scribes à l’œuvre? Perçoit-on une évolution des scribes à travers le temps? Toutes ces questions permettront de mieux cerner les scribes de Qumrân et leurs liens avec la communauté de Qumrân.

Qumran.jpgQumran1.png

TOP ^

2. Contribution au projet «Dessins de dieux»

Résumé

Au cours des dernières décennies l’étude du concept de dieu (ainsi que l’image et la représentation) est devenu l’un des principaux domaines de recherche en psychologie de la religion. Cette question a été abordée au travers de différentes approches psychologiques : la psychologie développementale cognitive, les théories de la relation d’objet, la psychologie cognitive, les théories des attributions et la théorie d’attachement. En dépit des progrès réalisés la compréhension de ce phénomène très complexe reste toujours limitée. Selon de nombreux chercheurs une des raisons importantes est celle des méthodes utilisées qui, de façon globale, se basent sur des méthodes verbales: des questionnaires, des entretiens, des listes d’adjectifs pour décrire dieu, des associations libres, etc.
Le projet «Dessins de dieux", dirigé par le professeur Pierre-Yves Brandt, vise à contribuer à une compréhension ultérieure de l’origine du concept de dieu et son développement chez les enfants. La technique de dessin, critiquée par certains chercheurs, se présente comme un outil opportun pour effectuer une étude à fois développementale et cross-culturelle. Elle est même plus efficace pour mettre en lumière la place et la fonction des images dans le processus de l’acquisition et de l’intériorisation de certains concepts religieux, ainsi que pour révéler des contradictions et des difficultés de l’acquisition de l’idée de dieu par des enfants. L’absence de telles études entrave les progrès de nos savoirs dans ce domaine.

Base de données "Dessins de dieux"

La base de données «Dessins de dieux », accessible sur le Web, a été crée pour stocker des données de cette recherche et les rendre accessibles non seulement aux chercheurs affiliés au projet mais aussi au grand public qui s’intéresse à cette problématique. Une première collection de dessins a été récoltée en 2003-2004 au Japon par une étudiante japonaise Yuko Kagata dans le cadre de son travail de DEA. Actuellement, la base de données contient plus de 1000 dessins recueillis au Japon, en Roumanie, en Russie et en Suisse ; elle continue à s’agrandir.
Nous espérons que cette recherche intéressera les chercheurs d’autres pays afin que cette base de données s’enrichisse de dessins issus d’autres traditions confessionnelles et culturelles.

Dessins_Enfants_2.jpgDessin_Buddha.jpg

TOP ^

3. Support en informatique pour le projet «Undocumented Mobility and Digital-Cultural Ressources after the Arab Spring»

Résumé

Notre recherche, qui a débuté en octobre 2013, s’intéresse à la mobilité non­‐documentée dans le contexte des récents bouleversements qui ont eu lieu en Tunisie. Nous considérons que ce phénomène comprend des aspects économiques, mais également des aspects sociaux, générationnels, politiques, religieux, culturels et de genre. Il engendre notamment une importante création artistique et musicale. A côté de terrains ethnographiques en Suisse et en Tunisie, qui visent notamment à mener un certain nombre d’entretiens, nous effectuons une recherche sur internet (digital anthropology), plus particulièrement sur Youtube et Facebook. En effet, notre recherche s’intéresse particulièrement aux représentations mentales/imaginaires des migrants. Nous cherchons à comprendre quel est le rôle joué par les nouvelles technologies et moyens de communications dans la diffusion des imaginaires de la migration. Dans ce but, nous travaillons à partir de matériaux audio-­visuels récoltés sur internet. Sur Youtube, l’objectif est de définir un corpus de vidéos­‐clips musicaux (de rap, de mizwoud ou videos amateurs accompagnées de musique) dans lesquels sont mis en scène des thèmes tels que l’exil, le départ ou encore la nostalgie du pays d’origine. Pour y parvenir, nous croisons plusieurs mots‐clés en arabe, français et anglais. Dans un second temps, nous procéderons à l’analyse des matériaux audio-visuels du corpus. En parallèle, nous menons une recherche sur Facebook, qui est un réseau social très apprécié par les jeunes Tunisienn.e.s. L’objectif sera d’analyser les représentations de la migration véhiculées sur cette plate­‐forme d’échange et, notamment de voir comment les représentations sont véhiculées dans un réseau transnational.

Note biographique

Directrice de ce projet FNS, Monika Salzbrunn est professeure ordinaire et occupe la Chaire Religions, Migration et Diasporas, à l’Université de Lausanne. Elle est la directrice de l’Institut de sciences sociales des religions contemporaines (ISSRC), de l'Observatoire des Religions en Suisse (ORS) et est membre du bureau du Laboratoire des Cultures et Humanités Digitales (LADHUL).
Simon Mastrangelo est doctorant FNS à l’Université de Lausanne (Institut de sciences sociales des religions contemporaines) et membre du Laboratoire des Cultures et Humanités Digitales (LADHUL). Il travaille comme doctorant FNS sur la recherche “Undocumented Mobility (Tunisia‐Switzerland) and Digital-­Cultural Resources after the ‘Arab Spring’”.

TOP ^

Suivez nous:    
Partagez:
Géopolis - CH-1015 Lausanne
Suisse
Tél. +41 21 692 32 30
Fax +41 21 692 32 15