Mobilité sociale parlementaires CH

Andrea Pilotti & Julie Falcon (Université de Lausanne)

Les recherches récentes ont démontré que la démocratisation du recrutement parlementaire en termes d’origine sociale et profil de formation est restée plutôt limitée. Toutefois, le même constat n'a pas encore été vérifié par rapport à l'ensemble de la population suisse. En raison de l’évolution de la structure sociale – déterminée par des facteurs telles que la scolarisation, la tertiarisation e les politiques d’égalité des chances –, on peut se demander dans quelle mesure il y a une convergence au cours de la période plus récente entre le profil des parlementaires et le profil des citoyen-ne-s suisses. Relevons par ailleurs que aucune recherche a jamais réalisé une comparaison entre population suisse et élus fédéraux concernant (1) la corrélation entre l'origine sociale et le niveau d’instruction, ainsi que (2) la corrélation entre le niveau d’instruction et la profession exercée. L’objectif de cette recherche est donc celui de combler cette lacune, afin de pouvoir vérifier si le recrutement des parlementaires suisses est devenu davantage méritocratique.

Des analyses statistiques seront réalisées en utilisant quatre cohortes – 1980, 2000, 2010 et 2016 –de la base de données sur les élites suisses qui contient entre autres des informations sociodémographiques sur les parlementaires suisses. Ces informations seront comparées à l’ensemble de la population suisse en utilisant une nouvelle base de données incluant 12 enquêtes réalisées entre 1975 et 2009. Celle-ci a non seulement l’avantage de contenir des informations concernant les origines sociales, mais elle permet aussi de reconstruire des tendances historiques sur la structure sociale de la Suisse à travers sa division en cohortes de naissances. Certaines limites méthodologiques de la recherche, étant donné l’hétérogénéité des différentes bases de données, seront aussi discutées préalablement.

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