Géomorphologie

Christophe Lambiel, Institut des dynamiques de la surface terrestre, FGSE

 

La géomorphologie des Alpes valaisannes est fortement liée à l’histoire glaciaire de la région. Au cours des différentes glaciations pléistocènes, les glaciers ont façonné le relief, dessinant l’ossature des vallées que l’on connait aujourd’hui, avec la profonde incision de la vallée du Rhône et les nombreuses vallées secondaires qui s’y raccordent de façon plus ou moins perpendiculaire.

 

La décompression générée par le retrait des grands glaciers de vallée est à l’origine de nombreuses instabilités de versant, à l’instar des tassements et des glissements – la plupart inactifs aujourd’hui – visibles le long des versants de la vallée du Rhône. Dans les vallées latérales, certains de ces glissements sont toujours actifs. C’est le cas du glissement de Moosfluh (Aletsch), qui s’est activé suite au retrait récent du glacier d’Aletsch. Les traces d’érosion glaciaire se manifestent aussi sous la forme de roches moutonnées, particulièrement présentes dans les régions cristallines comme le massif du Mont Blanc, le massif de l’Aar ou la nappe de la Dent Blanche (région Arolla-Zermatt). Si le till (moraine de fond) recouvre une grande partie des versants, les cordons morainiques des premiers stades du Tardiglaciaire sont relativement peu nombreux, du fait de la forte déclivité des pentes et de la remobilisation des matériaux par les instabilités de versant (glissements, laves torrentielles). Plus haut dans les vallées, les édifices morainiques du Dryas Récent (stade de l’Egesen) sont par contre souvent bien conservés, tout comme les moraines du Petit Age Glaciaire et les marges proglaciaires qui s’agrandissent année après année consécutivement au retrait accéléré des glaciers.

 

Du fait des hautes altitudes, le nombre de glaciers rocheux est important. La distribution de ces formes est cependant fortement dépendante du taux d’englacement des vallées. Dans les régions les plus élevées (région de Zermatt par exemple) ou les plus humides (rive droite de la vallée du Rhône), la tranche d’altitude favorable aux glaciers rocheux est plus réduite du fait de la présence des glaciers. Ce sont donc dans les vallées présentant des altitudes modérées et un climat relativement sec que les glaciers rocheux sont les plus nombreux, comme dans le Turtmantal ou le Val d’Entremont par exemple. Notons aussi la présence de grands glaciers rocheux fossiles qui témoignent des forts taux d’érosion qui ont prévalu durant le Tardiglaciaire.

 

Les conditions froides qui prévalent dans la région sont également favorables à la météorisation des parois rocheuses, phénomène qui se traduit par l’abondance des éboulis. Ceux-ci sont particulièrement développés là où dominent les hautes parois cristallines ou calcaires. Les éboulis schisteux quant à eux sont particulièrement favorables à la solifluxion, phénomène actif principalement au-dessus de 2500 m.

 

Tant dans la vallée du Rhône que dans les vallées latérales, de grands cônes de déjection témoignent d’une intense activité torrentielle, le système le plus emblématique étant celui de l’Illgraben. De nombreux systèmes beaucoup plus petits sont également présents dans toutes les vallées latérales, à témoin les cônes torrentiels qui reposent sur les dépôts alluviaux présents le long des vallées.

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