Végétation

Pascal Vittoz, Institut des dynamiques de la surface terrestre, FGSE

Compte tenu du relief important et de leur étendue, les Alpes valaisannes présentent une très grande diversité de milieux (Delarze et al. 2015) et d'espèces. En effet, les Alpes valaisannes s'étendent de 372 m (rives du Léman) à 4631 m (Dufourspitze), couvrant ainsi la totalité des étages de végétation. De plus, elles recoupent trois régions biogéographiques.

Alpes internes occidentales : Cette région comprend la Vallée du Rhône et les vallées latérales. Elle est caractérisée par un climat à tendance subcontinentale, avec des températures élevées en été, froides en hiver et de faibles précipitations. A l'étage collinéen, les chênaies buissonnantes ont largement été remplacées par le vignoble. Dans les sites les plus secs (zones rocheuses), mais aussi en situation secondaire, les pelouses steppiques présentent une composition floristique proche des steppes d'Europe centrale (entre la Hongrie et la Mongolie). A l'étage montagnard, les pinèdes xérophiles sont naturelles, profitant des conditions trop sèches pour le hêtre. L'agriculture reste importante, avec de grandes surfaces de prairies et de pâturages, localement des cultures de plantes médicinales. Les pinèdes sont remplacées à l'étage subalpin par les pessières, puis par les forêts de mélèzes et d'aroles, qui forment la limite de la forêt. Mais ces forêts ont souvent été remplacées par des pâturages ou des landes à rhododendron. Au-dessus, l'étage alpin est essentiellement occupé par des pelouses alpines entrecoupées de larges surfaces d'éboulis et de rochers. La diversité géologique des Alpes permet la présence de tous les milieux alpins présents en Suisse (pelouses calcaires sèches, pelouses calcaires fraiches, gazons des crêtes ventées, pelouses rocheuses acides, pelouses acides de l'étage alpin supérieur, combes à neige, ...). Finalement, l'étage nival est très présent, avec une végétation limitée à des plantes isolées, dans les situations les plus favorables, avec un record à 4507 m (Saxifraga oppositifolia sur le Dom).

Versant nord des Alpes : Cette région comprend le Chablais, entre St-Gingolph et le col du Grand St-Bernard, et elle est caractérisée par des températures plus fraiches et d'importantes précipitations. A l'étage collinéen, les forêts sont dominées par les hêtraies, qui côtoient les milieux anthropisés (prairies, champs), avec des tillaies ou des érablaies dans les pentes raides. A l'étage montagnard, le hêtre et le sapin prennent la place, mais ils sont souvent dominés par l'épicéa, préféré par les forestiers. L'exploitation agricole reste localement importante avec des prairies et pâturages. Les pessières dominent l'étage subalpin, formant la limite de la forêt, bien qu'elles aient été souvent remplacées par des pâturages, des aulnaies vertes ou des landes à rhododendron. Les étages alpin et nival sont comparables aux Alpes internes, avec une dominance des roches calcaires au nord de Martigny et des roches siliceuses au sud.

Versant sud des Alpes : Cette région est très réduite, couvrant uniquement le versant sud du Simplon (Simplon-Dorf, Gondo). Les températures sont douces mais les précipitations très importantes toute l'année. Toute la région est dominée par les roches siliceuses. L'étage montagnard est couvert de hêtraies acidophiles, qui font place aux pessières à l'étage subalpin, l'épicéa étant accompagné du mélèze à la limite supérieure des forêts. L'agriculture est maintenant très marginale dans cette région. Les étages alpin et nival sont comparables aux Alpes internes, mais seuls les milieux acidophiles sont représentés.

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