Colloques 2021-2022

Représentations du travail | La ville idéale. Entre utopie et réalité
 

Représentations du travail

(Littérature, histoire, sciences sociales, histoire de l'art, cinéma)

Jeudi 25 et vendredi 26 novembre 2021

UNIL, Château de Dorigny, salle 106.

Colloque co-organisé par la Formation doctorale interdisciplinaire et la Section de français. Responsables: Marta Caraion (FDi & Section de français) et Jacob Lachat (Section de français).

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"Petits métiers: La vannerie", dessin M. Gaildrau (L'Exposition universelle de 1867 illustrée, p. 261)

Problématique
Comment écrire sur le travail? Comment le penser et en faire l’histoire? Comment garder la mémoire des pratiques travailleuses? Comment les mettre en scène et en images? Comment écrire l’histoire du salariat, des mouvements ouvriers, des «petits métiers»? Comment recueillir et étudier les témoignages et les archives du travail? 
Ces vastes questions se déploient depuis longtemps dans la littérature, les arts plastiques et scéniques, le cinéma, la philosophie et les sciences historiques et sociales. Du monde ouvrier à la vie de bureau, du travail domestique au travail hospitalier, de l’artisanat à l’agriculture, de la culture d’entreprise aux pratiques artistiques, des métiers précaires aux métiers disparus, le spectre des univers professionnels faisant l’objet de représentations littéraires, artistiques et savantes est par définition pluriel et étendu. Il n’y a pas un, mais de nombreux mondes du travail abordés à travers une multiplicité de discours et de supports, de même qu’il existe une diversité de conditions de travail et d’idées du travail. L’histoire de leurs représentations constitue le cadre de réflexion large de ce colloque interdisciplinaire.
Nous proposons de regrouper des contributions de chercheuses et chercheurs autour de problématiques transversales et d’études ponctuelles de cas qui permettent d’explorer les différentes façons d’observer, de décrire, de raconter, de montrer, de documenter et d’imaginer le travail. À partir d’un cadre chronologique circonscrit entre le début de l’èreindustrielle et nos jours, il s’agit de réfléchir à la manière dont les représentations culturelles et intellectuelles du travail se sont ramifiées sur le temps long. Il s’agit également de se demander comment écrivain·e·s, artistes, historien·ne·s, philosophes, économistes, sociologues ou psychologues ont donné forme à leurs pensées du travail. Les propositions pourront articuler un ou plusieurs cas d’étude autour des perspectives suivantes (la liste n’est pas exhaustive):

  • Observations et expériences du travail: la question du point de vue porté sur les univers professionnels est au cœur des représentations du travail, que celles-ci relèvent de la documentation distanciée, de l’immersion, de l’enquête, de l’observation participante ou de la trajectoire biographique / autobiographique. Il s’agit d’une part d’interroger la situation (sociale, professionnelle, culturelle, etc.) de celui ou celle qui relate, décrit et pense les conditions de travail de tel ou tel groupe social, et d’autre part de réfléchir aux méthodes et dispositifs d’observation / expérience / témoignage / archivage des univers de travail. Se posera aussi la question de la fonction de la fiction dans son rapport à l’expérience et à la problématique documentaire.
  • Le temps du travail: la question du temps constitue un problème essentiel pour comprendre les conditions de rémunération dans la plupart des univers de travail, mais aussi la variété des rapports entre le travail et la vie, entre les conditions de travail et la condition humaine. Si la durée est une unité de mesure fondamentale pour déterminer la valeur d’une activité rétribuée (pensons à la journée de travail), elle est également constitutive de l’expérience individuelle ou collective des rythmes du travail. Il existe plusieurs manières de vivre et de penser le temps de travail: temps saisonnier, temps quotidien, temps chronométré, temps perdu ; et plusieurs paramètres de perception psychique et physique du temps: objectifs (vitesse ou lenteur, cadence, répétition, scansion, urgence) et subjectifs (ennui, monotonie, fatigue, procrastination).
  • Les espaces professionnels et les corps au travail: le corps est le lieu privilégié pour décrire le travail à l’œuvre. Le rapport entre savoir-faire et pratiques corporelles du travail, l’inscription sensible des gestes dans le temps et dans l’espace des métiers, l’attention portée aux manières de travailler, parfois les plus anodines et répétitives, constituent une dimension essentielle de la représentation des métiers et de leurs conditions matérielles de réalisation (objets, espaces, rapports sociaux, etc.). La description du corps à l’ouvrage apparaît souvent comme un élément incontournable pour penser l’expérience de travail en termes de dextérité et de fatigue, de compétence et d’incompétence, de spécialisation. L’observation des corps en mouvement dans l’espace matériel du travail (usines, machines, ateliers, champs…) est par ailleurs le lieu privilégié de déploiement d’une critique et d’une esthétique du travail.
  • Les valeurs et les idées du travail: la pensée sociale, économique, politique du travail, les idéologies du travail, la philosophie et la pensée esthétique du travail construisent toujours des systèmes axiologiques qu’il s’agit de comprendre et d’observer à l’œuvre dans les textes littéraires, le cinéma, la peinture, les projets d’enquête documentaire, les utopies et dystopies, les discours militants, la propagande, les régimes politiques, etc.
  • Les langages du travail: registres de langue et lexiques socio-professionnels, parlers populaires, langue d’entreprise et néo-libéralisme, représentations langagières de la domination et des luttes ouvrières sont quelques-uns des nombreux aspects du rapport entre langue et travail, qui alimentent en outre, du côté de la littérature, un questionnement essentiel, à la fois éthique et esthétique, sur le style.

Modalités de participation

Les propositions de contributions (environ 2’000 signes, en français, éventuellement en anglais, avec titre et bibliographie provisoire, mention de la section d’appartenance et, pour les doctorant·e·s, de la directrice / du directeur de thèse) pourront provenir de doctorant·e·s et post-doctorant·e·s de toutes disciplines de sciences humaines et devront être envoyées avant le 30 juin 2021, aux trois adresses suivantes: fdi@unil.chMarta.Caraion@unil.ch et Jacob.Lachat@unil.ch

 

Appel à contibution

 

Programme
Jeudi 25 novembre 2021

8h45 Accueil – café

9h00 Introduction


Session 1: Modératrices Judith Lyon-Caen (EHESS) et Dinah Ribard (EHESS)

9h30 Judith Lyon-Caen (EHESS) et Dinah Ribard (EHESS), "Des contes dans un atelier: Paris 1828-1833"

10h15 Alexis Junod (UNIL), "Au théâtre ce Grand Soir: vaudeville, travail et lutte de classes"
10h45 Pause-café

11h15 Cyrille François (UNIL), "Décrire le travail, travailler la description: la formation littéraire d’Émile Guillaumin, écrivain et paysan"

11h45 Joséphine Vodoz (UNIL), "Le travail en horreur: éthique et poétique de l’oisiveté dans quelques succès littéraires des années 1950-1960"

12h15 Samia Myers (Université de Strasbourg), "Écrire les lieux du travail. Description, référentialité et mémoires urbaines dans les littératures ouvrières de la première moitié du XXe siècle"

12h45  Pause déjeuner


Session 2: Modératrice Delphine Gardey (UNIGE)

14h30 Delphine Gardey (UNIGE), "Computing before the computer: genre et révolution informationnelle"

15h15 Jérémie Ferrer-Bartomeu (UNIGE), "Le travail de bureau et l’écrit politique en guerre civile (France, Flandre, Angleterre, XVIe -XVIIe siècles)"
15h45 Pause-café

16h15 Samuel Goy (UNIL), "Du paiement des salaires au profit, comptabiliser le travail"

16h45 Chiara Boraschi (UNIL), "Être mère et travailler, une problématique d’ordre public ou privé? Discours et représentations télévisuelles, TSR, années 1970"


17h30 Conférence de Martine Sonnet (IHMC – CNRS/ENS/Paris I), "Atelier 62: quinze ans après"
Discussion: Jean Kaempfer (UNIL)

 

Vendredi 26 novembre 2021

Session 3: Modératrice Corinne Grenouillet (Université de Strasbourg)

9h00 Corinne Grenouillet (Université de Strasbourg), "Entretiens d’embauche et licenciements: les fictions du tri dans la littérature contemporaine"

9h45 Vivien Poltier (UNIL), "Comment la littérature dépolitise-t-elle le travail? Autour de Jean-Pierre Martin et de Guillaume Poix"

10h15 Pause-café

10h45 Lucas Perdrisat (UNIL), "Marxisme et archéologie des sciences humaines. Enjeux de l’analyse foucaldienne du concept de “travail” dans Les mots et les choses"

11h15 Richard Medlinger (UNIL), "Le reforgement stalinien: de la rééducation à la terreur"

11h45 Elisa Russian (Université de Californie, Berkeley), "Écologies du travail dans la littérature italienne contemporaine"

12h15 Pause déjeuner


Session 4: Modérateur Nicolas Adell (Université de Toulouse) 

14h00 Nicolas Adell (Université de Toulouse), "Faire voir, faire dire et faire écrire le travail dans le compagnonnage (France)"

14h45 Lorena Ehrbar (UNIL), "Fonctions et enjeux du métier de sculpteur chez André Lasserre (1902-1981)"

15h15 Carine Bernasconi (UNIL), "Le corps appareillé: filmer le travail de prothésiste dans La mécanique des corps de Matthieu Chatellier"

15h45 Julie Borgeaud (UNIL), "Représentation du travail et réception de l’œuvre du dessinateur Louis Soutter"

 

Programme

 

Résumés des présentations

 

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La ville idéale. Entre utopie et réalité

Jeudi 9 et vendredi 10 juin 2022

UNIL, Château de Dorigny, salle 106.

Colloque organisé par la FDi. Responsables: Panayota Badinou (FDi), Sylvian Fachard (Section d’archéologie et des sciences de l’Antiquité) & Helder Mendes Baiao (Institut de langue et de littérature françaises, UNIBE).

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Thomas Cole, "The Architect's Dream", 1840,  Toledo Museum of Art

Problématique
Vivre dans un espace propice au bonheur collectif et à l’épanouissement individuel, tel fut l’aspiration des individus qui ont rêvé de villes idéales. Dès l’Antiquité, des mythes et des écrits philosophiques ont formulé les caractéristiques d’une cité-État cohérente et harmonieuse. En architecture, la quête d’un espace urbain idéal transparaît dans le monde grec, dès l’époque archaïque, avec l’apparition de villes à plan orthogonal. Au fil des siècles, chaque civilisation a cherché à concrétiser ses propres aspirations à un tel idéal, grâce notamment à la construction de villes nouvelles. Alexandrie d’Égypte, Doura-Europos, Timgad, les bastides, les villes nouvelles du Moyen-Âge, Ferrare, Venise, Palmanova, la Saline royale d’Arc-et-Senans, Washington, Brasilia ou Louvain-la-Neuve ne sont que quelques exemples de cet idéal urbanistique sans cesse renouvelé.
La ville idéale a inspiré écrivains, philosophes et artistes qui ont livré leurs visions d’un ailleurs désirable. L’utopie, néologisme forgé par Thomas More dans De optimo reipublicae statu, deque nova insula Utopia (1518), connaît un tel succès que ce type de textes s’impose rapidement comme un genre littéraire à part entière. La ville idéale n’a aussi cessé d’inspirer la réflexion et de susciter des vocations pour des études urbanistiques, géographiques, philosophiques et législatives.
Quel impact la vision d’un monde exemplaire et les théories utopiques ont-elles eu sur la création urbaine? Quelles œuvres littéraires, plastiques, visuelles ou musicales ont déployé cet idéal? Quelles en sont les réalisations et quels furent les principaux problèmes rencontrés? Quelles autres implications le rêve de la ville idéale peut-il avoir sur notre vision du monde, à l’instar de l’Atlantide? Mythe de Platon toujours fécond dans l’art, la littérature, l’architecture et auprès du grand public, l’Atlantide incarne en effet le parfait exemple d’une construction imaginaire stimulant les recherches sur la ville idéale.
Le présent colloque souhaite réunir archéologues, historiens, littéraires, philosophes, historiens de l’art, spécialistes du cinéma, géographes et architectes, doctorant·e·s et chercheur·e·s de l’UNIL, pour confronter leurs points de vue sur l’idéal urbanistique à travers le temps, faire état de leurs recherches actuelles dans ce domaine et présenter des études de cas.

Parmi les différentes pistes de réflexion, nous proposons:

  • La ville idéale dans l’art, la littérature et le cinéma: miroir d’une réalité existante insatisfaisante, abstraction chimérique ou/et projection d’une société meilleure?
  • Comment sont désignés et pensés, par contraste, les espaces non-urbains?
  • Quels traits ou quels espaces de la ville idéale ont particulièrement inspiré les écrivains, peintres, plasticiens et musiciens?
  • Sur quelles parties d’une ville se sont concentrés les projets d’architectes et d’urbanistes?
  • Entre projets et réalisations concrètes: quels problèmes, quels succès? Quels sont les imaginaires urbains dystopiques?
  • De la ville idéale antique à la ville idéale d’aujourd’hui: mêmes attentes, mêmes rêves?
  • De la ville antique à la ville d’aujourd’hui: quelles réalisations? Problèmes récurrents? Quelles innovations réclamées par une pensée dite utopique?
  • Quelle ville pour demain? Entre héritage urbanistique, inventions modernes et contraintes d’une ère nouvelle.

Agenda et contact

Les propositions d’exposés (20 min., suivis d’une discussion de 15 min.) sont attendues pour le 22 février 2022 au plus tard, par voie d’e-mail à l’adresse:

Panayota.Badinou@unil.ch avec copie à fdi@unil.ch

Elles contiendront vos coordonnées académiques complètes et: 1) un titre; 2) une problématique de 1800 signes environ; 3) une brève bibliographie de travail, aux références complètes.


Appel à contributions

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Colloque "Représentations du travail"

Programme

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Brochure

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