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Résumé
La littérature attribue habituellement à la classe ouvrière un rôle central, si ce n’est exclusif, dans la progression de la droite radicale ces dernières années en Europe.
Cet article discute du lien entre la classe ouvrière et la droite radicale en s'appuyant sur le cas de l'Union démocratique du centre (UDC), et plus particulièrement sur son soutien électoral et militant. En utilisant des données d'enquêtes post-électorales et des entretiens approfondis avec des militants, il développe deux arguments critiques. Le premier est que le soutien à la droite radicale est interclassiste et basé sur différents types de logiques sociales et politiques. Le second argument est qu'une proportion significative de la classe ouvrière ne soutient pas l'UDC. Par conséquent, la position de classe n'est pas le seul déterminant du soutien à la droite radicale. L'article soutient qu'il est nécessaire de prendre en compte une pluralité de facteurs susceptibles de peser sur le comportement politique. Ces facteurs peuvent être endogènes (par exemple, la socialisation politique et les trajectoires sociales des acteurs) ou exogènes (tels que les réseaux de sociabilité mobilisateurs, l'offre
politique et le contexte). Les études sur la droite radicale gagneraient à intégrer ces différents déterminants du comportement politique. Cela nécessite de dépasser les explications monocausales du soutien à la droite radicale, et permet de relativiser les explications du soutien à l'UDC en termes de frustration et de privation économique souvent présentes dans les travaux de recherche.

Mots-clefs : droite radicale ; classe ouvrière ; comportement politique ; Suisse

 

Abstract

Scholarship in political science usually attributes a pivotal, or even exclusive, role to the working class in the progress of the radical right in Europe in recent years. This paper discusses the link between working class and radical right bearing on the case of the Swiss People’s Party (SVP) with a focus on its electorate and activists’ support. Using post-electoral survey data and in-depth interviews with activists, it develops two critical arguments. The first is that support for the radical right is interclassist and based on various types of social and political rationales. The second argument is that a significant proportion of the working class does not support the SVP. Consequently class position is not the key determinant of support for the radical right. The paper argues that it is necessary to take into account a plurality of factors liable to bear on political behaviour. These factors can be endogenous (e.g. the political socialization and social trajectories of the actors) or exogenous (such as mobilizing sociability networks, political offer, and context). Studies on the radical right would gain by incorporating these various determinants of political behaviour. This requires going beyond monocausal explanations of support for the radical right, and allows to put into perspective explanations for support of the SVP in terms of frustration and economic deprivation often present in scholarship

Keywords : radical right ; working class ; political behaviour ; Switzerland

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