Balade historique

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L'UNIL a été fondée en 1537. Dans les années 1960, l’État de Vaud achète les terrains du domaine de Dorigny à une famille de notables, les Loys propriétaires des lieux depuis le 17e siècle.

L’édification des nouveaux bâtiments n’occulte pas la physionomie initiale des lieux qui est marquée par la présence conjointe d’une moraine et d’une rivière qui sont là depuis des millénaires.

Départ et arrivée: Le grand chêne de Napoléon, à une extrémité de l'Unithèque
Durée: 1h, dont 20 minutes de marche effective
Longueur: moins de 1,5 km

Balade réalisée par Pierre Corajoud, version 2 - juillet 2018

1. La moraine

Depuis le tronc du chêne de Napoléon, descendez jusqu’au banc de pierre situé à proximité.

Derrière l’Unithèque se déploie une belle couronne d’arbres située sur une colline allongée, une ancienne moraine glaciaire. Une  moraine est une sorte de crête, résultat de l’accumulation de matériaux en lien avec la présence d’un glacier.
À son apogée, il y a 25’000 ans, le glacier du Rhône atteignait une altitude de près de 1’400 m dans la région lausannoise. La moraine de Dorigny a été formée il y a environ 15’000 ans et marque une étape dans le lent retrait du glacier en direction de la vallée du Rhône. Le glacier ayant stagné suffisamment longtemps à cet endroit, les matériaux transportés par le glacier (pierres de toutes tailles, matériaux fins, etc.) ont pu se déposer sur le côté du glacier qui occupait l’emplacement du Léman actuel, créant cette colline allongée.

2. La rivière

Depuis ce banc, prenez le chemin couvert qui longe le bâtiment de l’Unithèque.
Plus bas, à un embranchement, prenez à gauche juste avant le bâtiment de l’Unicentre.
À un nouvel embranchement, allez à gauche.
Les deux chemins l’un recouvert de dallettes, l’autre de copeaux de bois vous mèneront à la Grange de Dorigny dont vous voyez le toit imposant.
Au niveau de cette ancienne grange, partez alors à droite pour longer au plus près la façade aux volets rouges de la Ferme de Dorigny.
Prenez ensuite à gauche, puis à droite le sentier le long de la rivière (cours d’eau sur votre gauche).

La Chamberonne, étymologiquement cours d’eau à écrevisses, est une rivière qui s’écoule paisiblement en suivant le relief des lieux. En amont, elle bute donc contre la moraine qu’elle va finalement contourner pour rejoindre en ligne plus droite le bord du lac.

La présence de l’eau a permis l’installation de la famille de Loys dans cette campagne de Dorigny. En 1706, une papeterie fut créée dans la boucle de la Chamberonne en lieu et place du Château de Dorigny actuel. Elle était reliée à la rivière par un canal. Quelques décennies plus tard, cette papeterie fut rejointe par une blanchisserie (pour les toiles de chanvre) et un martinet (une forge). Cette petite activité industrielle fut vite abandonnée dès la deuxième moitié du 18e siècle.

 

3. Le château de Dorigny et ses dépendances rurales

Sur votre droite, se trouve une maison à la façade blanche, le Château de Dorigny.

La famille de Loys a acquis le domaine de Dorigny au 17e siècle. Après l’installation d’une petite activité industrielle (papeterie, forge, blanchisserie, etc.), Etienne-François-Louis va être à l’origine de la construction du Château de Dorigny dans les années 1770. Dès la fin des travaux, le château va être habité par cette famille. Les dépendances rurales avaient leur importance, car le domaine avait avant tout une fonction agricole. Ainsi Jean-Samuel, neveu d’Etienne, y conduisit dès le début du 19e siècle bon nombre d’expériences agronomiques, notamment sur les terres en jachère et la rotation des cultures.

Les actuelles Ferme et Grange de Dorigny ont été construites dans le courant du 19e siècle, à la suite d’un incendie qui ravagea les anciens ruraux. En 1910, Marguerite quitte les lieux. Elle est la dernière descendante de la famille de Loys à avoir habité le Château. Suite à cela, la maison est louée, notamment à la famille du prince Aga Khan. On raconte que son fils Ali y passa ses vacances au début des années 1950, avec sa femme, la célèbre actrice Rita Hayworth. Info ou intox? Toujours est-il que leur fille Yasmine vit le jour en décembre 1949 à… Lausanne.

4. Le vieux pressoir

Au bout du sentier, allez à droite pour longer un côté du Château.
Au niveau du passage piéton, prenez à gauche.
Un peu plus haut sur votre gauche, se trouve une petite maison blanche aux volets gris.

Cette maison a été construite en 1823. Au fil du temps, elle a servi successivement pour abriter un pressoir à fruits et à noix, puis est devenue le lieu de pressée du raisin pour le domaine viticole du Bois-de-Vaux. Enfin, dans un registre un peu plus alcoolisé, elle servit aussi de distillerie.

Après avoir abrité pendant quelques années la Section d’histoire et esthétique du cinéma, la maison à la façade rose défraichie a été entièrement rénovée en 2014. Afin de respecter les usages pour les bâtiments historiques de l’UNIL, la maison a été rebaptisée "Le Vieux Pressoir", conformément à sa première fonction. Depuis 2015, cette bâtisse accueille le Bureau de l’égalité.

 

5. L'allée de platanes

Au bout du cheminement goudronné, partez à droite et traversez l’allée bordée de platanes.

Cette allée est l’une des plus belles de la région, avec plus d’une centaine d’arbres bordant le chemin menant au lac. Les platanes qui la composent sont en conduite libre, car ils ont pu développer leur couronne sans être rabattus ou diminués dans leur hauteur. Cela confère au lieu un aspect naturel indéniable.

Des plans indiquent la présence d’une allée d’arbres à cet endroit jusqu’au lac déjà au début du 19e siècle. Toutefois, rien n’indique que cette allée soit constituée initialement de platanes, car en février 1879 un ouragan la déracina complètement. Elle dut donc entièrement être réarborisée, cette fois-ci sûrement avec des platanes. Les plus vieux spécimens, situés de l’autre côté de la route cantonale en direction du lac, datent certainement de cette époque-là. Ils dépassent allégrement les 20 mètres de hauteur. D’autres sont plus récents, comme ceux près du petit parking qui ont remplacé dans les années 1980 des vénérables donnant des signes de faiblesse.

6. Le chêne de Napoléon

Quittez cette allée arborisée en continuant tout droit par le chemin qui monte légèrement et vous fait rejoindre le chêne de Napoléon.

Bien avant que les bâtiments de l’UNIL se construisent à partir des années 1970, ce chêne était présent au cœur du domaine de Dorigny. Il aurait été planté en 1800 pour honorer le passage à cet endroit cette année-là, le 12 mai, de Napoléon Bonaparte accompagné de 40’000 hommes en route pour l’Italie.
Des recherches de dendrochronologie (méthode de datation par l’étude des anneaux de croissance des troncs d’arbres) ont permis de dater l’année exacte : 1778. Il a donc été planté ici à l’âge de 22 ans.

Quand il est arrivé à Dorigny en 1800, ce chêne avait un tronc d’un diamètre de 15 cm à une hauteur de 130 cm contre 160 cm actuellement à la même hauteur. La circonférence est de 6.75m et la hauteur de 35m. Et ce n’est pas fini, car un arbre pousse jusqu’à sa mort. En route pour l’Italie, Napoléon se serait assis sur le banc de pierre situé au pied d’un arbre à Yvorne.
Cette commune a offert ce banc à l’UNIL en 1985. Pour stabiliser l’arbre, un haubanage avec 120 mètres de câbles a été posé au début des années 2000. Ce système, changé en 2012, est dit statique.

7. Les projets d'Olympie et d'aéroport intercontinental

Montez tout droit par le chemin recouvert de galets, puis continuez tout droit.
À la sortie du sous-bois, au croisement de chemins, allez tout droit.

En 1911, le Baron de Coubertin et le Comité olympique lancent un concours pour l’édification d’une Olympie des temps modernes, qui pourrait alors voir le jour sur un site permanent. Quelques années plus tard, Alphonse Laverrière, architecte célèbre ayant déjà à son actif la rénovation de la gare de Lausanne et plus tard la tour Bel-Air, élabore le projet sobrement intitulé « Olympie» qui devait s’étendre sur une partie du campus actuel. Ce projet ne vit pas le jour, tout comme un suivant qui prit naissance quelques décennies plus tard.

En effet, dans les années 1940, la création d’un aéroport  intercontinental est évoquée sur le site actuel de l’EPFL; la piste imaginée devant se prolonger jusqu’à l’Unithèque. Les politiciens de l’époque étaient clairement favorables à ce projet qui, selon eux, allait permettre à Lausanne d’acquérir une dimension internationale que l’aéroport de la Blécherette, trop exigu, ne pouvait remplir. En 1946, c’est le peuple vaudois qui dut trancher. Il refusa ce projet de peur des nuisances sonores que les avions auraient générées.

8. Les premières constructions sur le campus

Continuez tout droit jusqu’au bâtiment de l’Amphipôle.

Avec l’achat de ce domaine de Dorigny, l’État de Vaud a fait le choix audacieux de mettre l’université hors de la ville, en faisant le pari que la population estudiantine allait se développer. Un choix qui s’est avéré payant, puisque de 2’000 étudiant·e·s à la fin des années 1960 on est passé à 14’900 en 2017.

À  l’époque des premières constructions, notamment celle de l’Amphipôle inauguré en 1970 dans le contexte de l’après Mai 68, les communes sur lesquelles le campus se déploie ont clairement spécifié leur volonté qu’il n’y ait pas de logements pour étudiant·e·s sur le site.
50 après, le campus s’apprête à accueillir ses premiers habitants juste de l’autre côté du pont qui franchit la ligne du métro en direction de la parcelle de La Pala où se construit le bâtiment Vortex. Celui-ci abritera environ 1’000 étudiant·e·s, collaboratrices et collaborateurs des Hautes-Écoles.

Revenez sur vos pas jusqu’au fidèle chêne de Napoléon.

 

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